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samedi 2 février 2019

VE 10-4 Espérance de vie


Le VE : Innovation pérenne ou rêve écologiste ?
« Dans un monde inondé d’informations sans pertinence, le pouvoir appartient à la clarté. »  Yuval Noah Harari

VE10.4 - Espérance de vie

Pessimisme excessif : L’espérance de vie

Selon une opinion largement répandue, tout va mal :
  • L’air est de plus en plus pollué, il est nocif, et chacun a de plus en plus peur de la pollution, et notamment de sa source la plus visible, l’automobile, même si ce n’est plus la source principale.  
  • Les aliments sont bourrés de produits chimiques nocifs, « cancérigènes ». Il faut s’en protéger :
    • En utilisant des produits alimentaires ou cosmétiques « SANS » (OGM, additifs, colorants, édulcorants, paraben, aluminium, huile de palme…) au gré des mises au pilori souvent aussi arbitraires qu’infondées
    • En consommant des produits « traditionnels », « naturels », « artisanaux », « locaux », « made in France », car tout ce qui est industriel ou étranger ne saurait, contre toute évidence, qu’être mauvais.
    • En rejetant tout ce qui est « industriel » (pourtant plus fiable et moins cher), « synthétique » (même si c’est la même molécule !).
Vraiment ?

Si telle est vraiment la situation, notre espérance de vie ne peut que diminuer. Vérifions son évolution à partir des chiffres INSEE sur une longue période…


NON ! En 60 ans, l’espérance de vie en France a augmenté de 15 ans, soit 1 trimestre par an !
  •  Précisons que la minuscule chute observée sur la seule année 2015 n’est pas une inversion de tendance, mais un changement de série : Mayotte, dont les chiffres sont beaucoup moins bons, a été intégrée dans la statistique.
  • Les progrès de la médecine y ont sans doute contribué, mais ne sauraient à eux seuls aboutir à un résultat aussi spectaculaire. Il faut donc bien en conclure que les conditions générales de vie et d’alimentation se sont aussi grandement améliorées.
  • Les esprits chagrins feront observer que depuis peu, le taux de mortalité (ratio décès/population) augmente. Ce n’est nullement contradictoire, mais simplement dû au fait que la génération du baby-boom commence à arriver à l’âge du décès, succédant ainsi aux classes très creuses des naissances entre 1930 et 1945, elles-mêmes issues de pères eux-mêmes décimés par la guerre de 14-18.
  • L’espérance de vie est-elle encore améliorable ? Oui, mais pas indéfiniment, car le vieillissement endogène reste incontournable, mais sans doute quand même sur un point :  Réduire l’effet « nocebo » (cher au Dr Knock) de la dénonciation abusive de risques imaginaires : Si on cessait d’alarmer le grand public à tort, il serait peut-être en meilleure santé, et certainement plus heureux ! Et cela augmenterait le pouvoir d'achat dont beaucoup se plaignent!
Ce pessimisme infondé justifie des mesures excessives, et notamment les énormes subventions au véhicule électrique qui n’est pas vraiment prioritaire car il n’apporte qu’un faible avantage.



vendredi 13 avril 2018

La pollution de l’air tue 48 000 personnes par an en France ?





Heureusement non, quoiqu’en dise l’ADEME !

Rappelons d’abord que la plupart des décès sont dus à des causes multiples :
  • Presque toutes les personnes âgées (parmi lesquelles l’auteur se place) souffrent de pathologies multiples plus ou moins prononcées : cholestérol, HTA, diabète, asthme, rhumatismes entraînant la sédentarité, séquelles cumulées de la consommation excessive d’alcool, de tabac, de sucre, de corps gras, de sel, de protéines, effets indésirables de médicaments permanents, inhalation ou ingestion de perturbateurs endocriniens, dégénérescence de la vue (presbytie), de l’ouïe (presbyacousie), de la mobilité, des défenses immunitaires, du métabolisme, etc…
  • Finalement, chaque être humain finit par mourir. Faut-il vraiment trouver une cause extérieure à chaque décès ? Evidemment non, car l’homme est mortel, et meurt généralement de causes multiples, dont la majorité est liée à l’âge.
  • Dans les causes de décès des personnes âgées, figurent évidemment le chaud et le froid :
    • La baisse de leur métabolisme les rend vulnérable au froid et aux pathologies qu’il favorise : grippe, rhume, pneumopathies, gastroentérite…
    • Les fortes chaleurs font des ravages, principalement par déshydratation, comme l’a montré la canicule de la première quinzaine d’août 2003, à laquelle 15 000 décès ont été attribués, soit 1 000 par jour.
Le chiffre annuel de 48 000 victimes de la pollution a été avancé par diverses sources, dont l’ADEME, qui est une Agence publique financée par le Ministère de l’Environnement auquel il rapporte. Cette Agence n’est donc pas un arbitre scientifique indépendant, mais bien un organe du ministère qui détermine sa ligne d’action sur des critères largement politiques. Le chiffre avancé de 48 000 victimes par an est la somme des surmortalités observées au cours de l’année pendant les pics de pollution, par rapport à la mortalité moyenne de l’année. Supposons qu’il soit sincère, et réfléchissons quelques minutes.

La corrélation entre les pics de pollution et les décès est suffisamment forte pour être indiscutable.

Mais une corrélation (simultanéité) n’est pas une causalité (relation de cause à effet) :
  • Rien ne prouve que la pollution mesurée soit la cause principale, ni même une cause secondaire, des décès dont les causes sont multiples.
  • L’effet indéniable de la pollution atmosphérique sur la santé est un effet à long terme, qui affaiblit l’organisme, et notamment les voies respiratoires, mais très rarement un effet immédiat.
  • Mais il y a une causalité directe entre les pics de pollution et les anticyclones qui les provoquent par absence de vent, et d'ascendances, car l'atmosphère est stable (air chaud en altitude). Ils sont accompagnés de fortes chaleurs en été, ou de froid intenses en hiver.
  • L’effet sur des personnes fragiles des températures extrêmes peut  au contraire être rapide, comme la canicule de 2003 l’a montré. Il est donc hautement probable que la surmortalité pendant les pics de pollution leur est due.

En toute état de causes, tous ces décès sont dus à des causes multiples, dont l’âge et les pathologies antérieures. Présenter la pollution comme la cause unique de cette surmortalité est indéfendable. 
Par ailleurs, il est indiscutable qu’en dehors des pics de pollution, la mortalité est plus faible que la moyenne. Ceci met en évidence que, si la pollution était constante, par définition, il n’y aurait plus de surmortalité, ni de sous-mortalité, ce qui empêcherait d’additionner les surmortalités sans déduire les sous-mortalités, mais n’aurait aucun effet bénéfique sur l’indice annuel de mortalité !

La méthode employée par l’ADEME est hautement contestable. La vérité est que l’effet négatif indiscutable, mais probablement limité, de la pollution sur la santé n’est pas quantifiable par cette méthode. Nul ne peut nier que l’espérance de vie continue de croître malgré l’identification de multiples facteurs de dangers dont tout le monde s’inquiète, avec ou sans raisons selon les cas. 

Ci-dessous, les chiffres de l’INSEE sont éloquents. Ils montrent que l’on a gagné 15 ans d’espérance de vie en 60 ans, soit un trimestre par an ! Pour les esprits chagrins, précisons que le petit fléchissement perceptible en 2015 est dû à un changement de la base statistique : l’inclusion des résidents (de toutes origines) à Mayotte, évidemment négatif en raison d’un niveau de vie très inférieur, en dépit de l'air très pur au milieu de l’océan indien !

 

En outre, on peut craindre que la dénonciation hâtive et exagérée de risques non démontrés, puisse constituer en elle-même un risque pour la santé publique, tant physique que psychologique, par effet « nocebo », le contraire de l’effet placebo, utilisé par le « Docteur Knoch » de Jules Romains.

Rappelons enfin que le taux de mortalité moyen n’est pas un critère significatif de la bonne santé de la population, car il est très affecté par la structure de la pyramide des âges, et notamment par le pourcentage de personnes âgées dans la population. Le seul critère pertinent est l’âge moyen des décès, âge dont l’augmentation rapide pose problèmes aux caisses de retraite par répartition, mais ne démontre pas d’augmentation des risques ambiants, bien au contraire ! C’est plutôt rassurant !