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jeudi 10 septembre 2015

Transition énergétique : une loi pertinente?


Table des matières du blog www.8-e.fr

Sujets connexes sur la transition énergétique
Faisabilité des engagements recentrés (en construction)

Résumé

Selon le GIEC, l'urgence est la réduction mondiale des émissions de gaz à effet de serre, et donc du CO2, principal concerné. 

De ce fait, des engagements  de réduction d'émissions ont été pris aux niveaux européen puis au niveau français, aux fins de contribution et d'exemplarité, ce qui ne peut qu'être approuvé dans le principe.

Mais ces engagements lourds ont été "complétés" par d'autres engagements fort peu pertinents, soit redondants et insuffisants, comme la réduction des combustibles fossiles qui va de soi, soit inutiles et hors du sujet comme la réduction de la consommation énergétique finale, ou la part des renouvelables dans la production électrique, soit même nuisibles comme la limitation de la part du nucléaire (décarboné) dans la production électrique.

Il est nécesaire de recentrer cette loi  sur le seul sujet incontestable: la réduction des émissions de CO2, qu'il n'est pas nécessaire de détailler davantage, car elle ne pourra être obtenue que par une réduction de la consommation de charbon, de pétrole et de gaz, le premier étant de loin le plus émetteur.

Les objectifs de réduction des émissions de CO2, très lourds, ne pourront pas être tenus si on y ajoute des difficultés supplémentaires considérables d'origine idéologique, telles que la sortie du nucéaire. L'Allemagne, qui remplace ses centrales nucléaires décarbonées par centrales à lignite très émettrices et polluantes est un parfait contre-exemple! 

Développement

Les émissions de CO2 en France

Les recommandations du GIEC, qui résultent de modèles trop complexes pour être vérifiés, et que nous acceptons donc en l’état, portent exclusivement sur la réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre, parmi lesquelles le CO2 anthropique (émis par l’homme) est le plus important. C’est évidemment un problème mondial majeur, mais en rien une pollution locale : rappelons que le CO2 est, à travers la photosynthèse, à l’origine de toute vie végétale. Il y a donc lieu d’orienter la politique énergétique nationale dans ce sens aux fins d’exemplarité, et de contributions aux efforts collectifs qui sont encore loin d’être universels.

Sachant qu’il n’y a pas de déforestation en France,  et que tous les projets de captation du CO2 ont été abandonnés, seule la réduction de consommation de ces trois énergies fossiles peut réduire directement l’émission de CO2.

Toutefois, pour un même apport énergétique, ces énergies fossiles amènent des émissions  très différentes: le charbon émet 64% de plus que le pétrole, et le gaz 21% de moins. Entre le charbon et le gaz, il y a plus qu’un facteur 2. Quand c’est possible, remplacer le charbon par le gaz permet de parcourir plus de la moitié du chemin vers une suppression des émissions, et ceci peut souvent être fait rapidement et pour un coût modique.



Les consommations de combustibles en France en 2013 (source SOeS) sont les suivantes :


Les émissions correspondantes de CO2 sont les suivantes :
 




Les engagements de l’Europe pris en 2007 étaient les suivants :

Emission de gaz à effet de serre (base 1990)
1 : -20% en 2020
Consommation énergétique finale (base 2012)
3 : -20% en 2020
Part des renouvelables dans la product. électrique
5     20% en 2020

Emission de gaz à effet de serre : 

L’engagement « 1 » résulte directement des recommandations du GIEC. Il est indiscutable dans son principe. Il a en plus un sens économique, car en dépit d’une récente baisse inattendue et sans doute passagère, les prix du pétrole et du gaz augmenteront inéluctablement à moyen et long terme, en conséquence d’une probable pénurie. Le report sur le charbon, dont le risque de pénurie est encore lointain, et dont le coût dépend principalement de l’extraction, est donc un risque écologique majeur qui renforce le sens à cet engagement.

Consommation énergétique finale : 

L’engagement « 3 », heureusement non juridiquement contraignant, peut être obtenu de deux manières :
  • Par amélioration de l’efficacité énergétique (isolation, pompes à chaleur, covoiturage, rendement des moteurs et de l’éclairage...), qui est souhaitable, mais n’est finalement qu’un un moyen de tenir l’engagement « 1 »
  • Par réduction des prestations (baisser le chauffage, voyager moins, réduire l’éclairage …), soit une régression du niveau de vie qui n’est pas souhaitable, ou une régression de la population, encore moins souhaitable.

Cet engagement « 3 » ouvre la porte à la pénurie délibérée en tant que moyen de réduire les émissions de CO2, ce qui est difficilement acceptable si l’on remarque que (Statistiques mondiales 2011):
  • Un résident français émet 40% de moins qu’un allemand, et 68% de moins qu’un américain. 
  • La France n’émet que 1% du CO2 anthropique mondial

Relatif aux moyens, et non au résultat, il n’est ni équitable, ni nécessaire, et peut être supprimé.

Part des renouvelables dans la production électrique: 

L’engagement « 5 », strictement interne, n’a aucune relation avec les objectifs du GIEC. La production électrique française est décarbonée à 94%, cas unique dans le monde, et exemple à suivre.  La production électrique française est à 79% du nucléaire, 12% hydraulique, et 3% pour la biomasse ou de l’incinération des déchets, tous décarbonés. Si les 6% manquants pour arriver à 20% doivent résultent des énergies dites « vertes » dont la production est aléatoire (éolien) ou contra-cyclique (photovoltaïque) au détriment du nucléaire, on aboutira, comme en Allemagne, a un accroissement de la production thermique (actuellement 6%) assurant le relais, ce qui va dans le sens contraire des recommandations du GIEC. Cet engagement résulte en réalité de positions idéologiques et politiciennes. N’étant pas juridiquement contraignant non plus, cet engagement doit être supprimé.


La loi française sur la transition énergétique

Elle a complété et relevé ces engagements comme ci-dessous :

Emission de gaz à effet de serre (base 1990)
1 : -40% en 2030
2 : -75% en 2050
Consommation énergétique finale (base 2012)
3 : -20% en 2030
4 : -50% en 2050
Part des renouvelables dans la production électrique
5 :   23% en 2030
6 :   40% en 2050
Consommation de ressources fossiles (base 2012)
7 :  -30% en 2030
Part du nucléaire dans la product. électrique 2025 (78% en 2014)
8 :   50% en 2025

La loi française sur la transition énergétique comporte 8 engagements, dont 3 (n° 1, 3 et 5) sont repris de l’engagement européen antérieur auxquels s’ajoutent les engagements 2, 4, 6, 7 et 8.

Emission de gaz à effet de serre :

L’engagement «1 » à : -40% en 2030 est renforcé par un engagement « 2 » extrêmement ambitieux, à -75% en 2050.  Mais les deux sont conformes aux recommandations du GIEC, et sans doute nécessaires, mais ne seront utiles que si les principaux pays émetteurs (USA, Chine, Allemagne…) font un effort important, sinon équivalent. Ces engagements ne peuvent être tenus qu’à la condition nécessaire, mais pas suffisante, de ne pas fabriquer de difficulté supplémentaire, notamment d’origine idéologique.

Consommation énergétique finale

L’engagement « 3 » : -20% en 2030 est reporté de 10 ans, mais renforcé par un engagement « 4 » très ambitieux à -50% en 2050. Diviser par 2 la consommation énergétique finale avec une population croissante (+10% selon l’INSEE) suppose de multiplier l’efficacité énergétique par environ 2,2, ce qui ne pourra se faire qu’avec des investissements énormes (bâtiment, automobile, certaines industrie…) qui devront compenser les secteurs ou peu de progrès sont possibles (sidérurgie, avions…), entraînant une augmentation des coûts qui répartiront la pénurie.  La condition ci-dessus est encore plus valide, et la faisabilité reste à démontrer. Cet engagement porte sur les moyens, alors que seul le résultat (émettre moins de CO2) compte : qu’importe que cette consommation énergétique finale demeure élevée si elle est décarbonée ? Cet engagement, hors du sujet, peut être supprimé sans inconvénient.

Part des renouvelables dans la production électrique  

L’engagement « 5 », sans aucun lien avec les objectifs du GIEC et strictement français, se trouve un peu augmenté à 23%, mais  retardé à 2030, et complété par l’engagement « » à 40% en 2050. Les effets pervers de cet engagement, déjà mentionnés ci-dessus, se trouvent ainsi lourdement aggravés, sans l’excuse d’une influence des « Grunen » d’outre-Rhin. C’est donc l’activisme d’une petite minorité française d’écologistes, qui a obtenu un tel engagement, concédé pour des raisons politiciennes, qui n’apporte rien et doit donc absolument être supprimé.

Consommation de ressources fossiles

Le très surprenant engament « 7 » ne prévoit qu’une réduction de 30% de la consommation de combustibles fossiles d’ici 2030. Comme TOUTE l’émission de CO2 résulte de l’utilisation de combustibles fossiles, on voit mal comment ce 30% pourrait se traduire par une réduction de 40% des émissions de CO2 à la même date. Le seul écart entre consommation et émission est le captage de CO2, tellement coûteux et incertain que tous les projets sérieux ont été abandonnés. Cet engagement est à la fois insuffisant par rapport à l’engagement « 1 », et inutile puisque redondant avec lui. Il doit donc être supprimé.

Part du nucléaire dans la production électrique

C’est l’engagement 8 qui limite cette part à 50%. Elle est actuellement de l’ordre de 79%. Cette spécificité française n’est en rien un inconvénient : le coût de l’uranium en tant que source d’énergie thermique étant est très bas, la France a bénéficié d’une énergie électrique beaucoup moins chère que celle des pays comparables, et notamment de l’Allemagne. Son exploitation n’émet pas de CO2. Sans être à proprement parler renouvelable, les stocks connus d’uranium permettent plusieurs siècles d’exploitation selon les technologies et dans les volumes actuels, et énormément plus avec des surgénérateurs. La filière au thorium, plus chères, mais encore plus sûre car à sécurité positive (toute panne provoque l’arrêt naturel de la réaction) exploiterait des ressources qui sont pratiquement illimitées. Les risques potentiels d’exploitation et de stockage des déchets sont parfaitement maîtrisés dans la technologie des réacteurs PWR (Westinghouse / Areva / EDF), seule utilisée en France (Voir développement ci-dessous).

Dans ce contexte, ramener la production nucléaire de 79% à 50% n’a aucun sens : la réduction de la production n’entraîne pas automatiquement une réduction proportionnelle du nombre de centrales. Mais surtout, comment remplacer les 29% perdus ? Outre leur prix extravagant, les énergies vertes fatales et contra-cycliques  en sont incapables, car les seuls moyens réellement possibles de stockage de l’énergie électrique sont les STEPS (centrales hydrauliques réversibles) limitées en capacité, et seulement dans les zones proches des montagnes. La seule « solution » est celle utilisée en l’Allemagne : on ferme des centrales nucléaires et on construit des centrales au charbon, très émettrices de CO2, ou pire, au lignite avec le même inconvénient plus des quantités monstrueuses de poussières imbrûlées. Cet engagement est évidemment aux antipodes des recommandations du GIEC et doit impérativement être supprimé.

Loi sur un objectif recentré

Les analyses ci-dessus montrent que les émissions de CO2 seront plus facilement réduites si la loi sur la transition énergétique se recentre sur deux étapes d’un même objectif très ambitieux :

Emission de gaz à effet de serre (base 1990)
1 : -40% en 2030
2 : -75% en 2050

Tous les autres sont en effet insuffisants (7), inutiles (3, 4, 5 et 6) ou nuisibles (8).
Ainsi formulée, la loi devient plus claire et moins coûteuse, donc plus réaliste car le coût est toujours un obstacle à l’action et un frein au développement économique.

Un message en préparation évaluera la faisabilité de ces objectifs recentrés. En première analyse, le 1 est difficile, mais peut-être pas hors de portée, alors que le 2 est totalement irréaliste.





jeudi 17 janvier 2013

Transition énergétique: moitié moins de CO2 pour chauffage en 20 ans



Table des matières du blog
Profil

Plan du chapitre
« Transition énergétique : Moitié moins de CO2 pour chauffage en 20 ans»
Introduction et principes de base

Introduction

Le présent message est basé sur l’analyse objective des possibilités et limites, des avantages et inconvénients des différentes énergies. Il fait table rase des considérations de politique intérieure (politiquement correct, partis écologistes, peurs sans fondement, idées reçues, engagements électoraux) comme de politique étrangère, notamment du protocole de Kyoto.

Il montre qu’il est possible de diviser pratiquement par 2 les émissions de CO2 résultant du chauffage résidentiel et tertiaire, et ce :
  • sans faire appel à des solutions radicales (maison à énergie positive !),
  • sans dépense publique supplémentaire,
  • sans réglementation complexe,
  • sans dispositions liberticides, notamment sur la puissance installées et la température intérieure,
  • sans accroissement, ni diminution, du parc électronucléaire,
  • avec un investissement raisonnable et amortissable par les utilisateurs.
Principes de base:

  • Se rappeler que, ici comme ailleurs, « le mieux est souvent l’ennemi du bien ». En d’autres termes, une solution partielle, mais acceptable et bon marché, aboutira s’imposera plus facilement qu’une solution totale, mais inabordable ou désagréable.
  • Se défier des subventions qui ne promeuvent pas toujours les bonnes solutions et faussent la vérité concurrentielle telle qu’elle résulterait des choix du marché, c'est-à-dire des utilisateurs.
  • Introduire une taxe carbone progressivement croissante sur les produits carbonés (charbon inclus) à usage énergétique :
    • Strictement proportionnelle à l’émission future de carbone
    • Indépendante de l’utilisation (chauffage ou véhicule…) et des taxes préexistantes (TICPE, TVA)
    • Non applicable, ou compensable, à l’exportation pour éviter les distorsions de concurrence au détriment des entreprises françaises
    • Globalement compensée par une baisse de la TVA. 
  • Se rappeler que le renouvellement du parc de bâtiments est très lent (environ 1,7% par an en construction, et 0,2% par an en démolition), et qu’il faut donc commencer par le plus important et le plus facile : l’amélioration du parc des logements existants et leur mode de chauffage, qui est un énorme gisement de réduction des émissions.


Transition énergétique: les bâtiments


Améliorer le parc de bâtiments

Table des matières du blog

Plan du chapitre
« Transition énergétique : Moitié moins de CO2 pour chauffage en 20 ans»
Améliorer le parc de bâtiments

Les 30 millions de logements existants sont répartis entre 7 classes « d’efficacité énergétique », mot à la mode qui désigne l’isolation et l’absence de fuites d’air ou thermiques, selon leur consommation énergétique annuelle de chauffage exprimée en kWh/m²/an. Curieusement ces classes ne définissent pas les températures intérieures et extérieures, comme si la consommation n’était pas proportionnelle à leur écart. La température intérieure est un choix des occupants, alors que la température extérieure dépend du moment et du lieu (latitude, altitude…). Mais cette absence de définition de n’empêche pas de comparer les classes entre elles et de répartir la consommation globale de chauffage entre les classes au prorata du par cette consommation. Mais encore faudrait-il distinguer le bâti, qui est permanent, du chauffage, qui put changer, et supprimer la pénalisation injustifiable d’un facteur 2,58 appliqué aux logements à chauffage électrique direct. Voir notre message à ce sujet.

Le tableau ci-dessous résume :
  • Les classes d’efficacité énergétique (fond arc-en-ciel) et l’émission moyenne de CO2 pour chacune,
  • La répartition actuelle des logements par classe, qui permet de calculer l’émission actuelle moyenne pour l’ensemble des logements répartis dans les classes, soit 234 kWh/m²/an
  • Le parc de logements par classe en 2010, soit 30 millions au total (sur fond rose):

Prenons l’hypothèse très raisonnable selon laquelle :
  • 5 millions de logements seront construits entre 2011 et 2030, en catégorie B jusqu’à fin 2014, puis en catégorie A ensuite. Délibérément, le logement « à énergie positive » n’est pas pris en compte, car inapplicable selon notre analyse.
  • 0,6 millions de logements appartenant aux catégories les plus vétustes, donc G ou F seront détruits.
  • L’ensemble des 2 lignes ci-dessus aboutit à un accroissement du parc de 15%, correspondant à l’augmentation de la population.
  • L’isolation et les changements de portes et fenêtres dans les logements existants aboutira à faire évoluer 2 millions de logements des classes G et F vers les classes C, B et A 
  • La ligne sur fond vert pâle du tableau donne la situation du parc en 2030 après mises en œuvre des évolutions envisagées, soit 182 kWh/m²/an, correspondant à une baisse de 22% du CO2 émis à parc constant.

Ces éléments seront repris en bas du tableau ci-dessus.

Faute de statistiques accessibles, aucun calcul n’est fait sur le tertiaire. Toutefois, le renouvellement beaucoup plus rapide des immeubles de bureaux par rapport aux logements aboutira à une augmentation très rapide des performances thermiques, ce qui permet de penser que la situation de l’ensemble du tertiaire (incluant administration, enseignement santé) sera plus favorable que celle des logements. Par prudence, nous lui appliquerons les ratios des logements.

Transition énergétique: Tarification électrique


Modifier la tarification électrique

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Plan du chapitre :
« Transition énergétique : Moitié moins de CO2 pour chauffage en 20 ans»
Modifier la tarification électrique

Plus ambitieuse, mais nécessaire, la tarification électrique doit être complètement repensée en vue de la mettre en adéquation avec la vérité des coûts variables de production qui sont presque synonymes des émissions de CO2. Nous proposons le schéma suivant qui utilise les possibilité apportées par la révolution numérique pour optimiser les prix et les émissions.

  • Tous les particuliers, en commençant par les abonnements les plus puissants, et en continuant par ordre de puissance décroissante, passent des tarifs actuels des différents opérateurs à un tarif  continuement variable, qui nécessite un compteur plus intelligent et des commandes de sections ou d’appareils également intelligentes, capables de couper, réduire ou différer une consommation en fonction du tarif et de paramètres fixés par l’utilisateur.
  • Une échelle tarifaire comportant 13 échelons, soit 12 intervalles, en progression géométrique de raison 42 = 1,19, soit un doublement tous les 4 échelons, du prix du MWh entre un minimum, par exemple de 52 € et un maximum de 47,00 € x 23 = 416,00 € . Dans cet exemple, l’amplitude (8) est proche de celle du tarif Tempo (7). Cette échelle est commune à tous les opérateurs.
  • Le client et l’opérateur sont liés par un contrat d’approvisionnement dans lequel l’opérateur s’engage sur un prix moyen du MWH, 88,00 € par exemple, offert au cours de l’année qui est décalée, du  1er septembre au 30 août de l’année suivante afin de commencer par la période de chauffe. Cette expression simple du prix offert favorise la concurrence.
  • Les opérateurs sont libres de changer d’échelon à chaque heure juste, avec une variation libre en descente, mais n’excédant pas deux échelons en montée, soit un doublement en 2 heures. Ils opérateurs sont tenus de maintenir public l’occurrence cumulée de chaque échelon et donc le prix moyen pondéré offerte depuis le début de l’année.
Ils pourront proposer des prix différents par région administrative, de façon à sensibiliser l’opinion publique des régions dépourvues ou sous équipées de centrales électriques sur la nécessité d’accepter l’implantation de centrales et/ou la création de lignes THT dans sa région. Ceci vaut pour principalement pour les régions Bretagne (ou l’auteur est pourtant domicilié) et PACA.


Bien entendu, le prix moyen du MWh consommé par un client serait différent du prix moyen du MWh offert, la pondération des échelons pouvant être très différente selon la gestion qui en sera faite par ce client. Les consommations sur les échelons A à C de l’exemple, soit près des 2/3 du temps, mais sans doute pas 2/3 des besoins, viendra baisser encore le prix moyen déjà très bas. Les consommations sur les échelons E à M viendraient l’augmenter, mais les échelons correspondant à un  doublement n’étant que de l’ordre de 6% du temps.

La tarification variable jointe à une gestion intelligente et largement automatisée permettrait :
  • d’ajourner des gros consommateurs : eau chaude, lave linge, lave vaisselle, à long termes chargeurs de batteries de véhicules
  • de moduler la puissance de chauffage électrique, et de développer les radiateurs à inertie consommant en fin de nuit
  • de promouvoir les chauffages biénergie
Elle est sans aucun doute une voie d’avenir, même si sa mise en place ne pourra qu’être progressive après une information approfondie du consommateur qui aime bien les prix fixes, mais est néanmoins déjà habitué au « yield management » pour ses achats de billets d’avion ou de train.

Appréciation très prudente d’une modification dont la mise en place serait longue, nous limitons l’impact de cette tarification à une réduction de 20 /178 en électricité de pointe, dont 15 reportés dur le hors-pointe, et 5 économisés, qui figurent en ligne 13 du tableau.

Moitié moins de CO2 pour chauffage : Divers et Conclusion


Divers et Conclusion

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Plan du chapitre :
« Transition énergétique : Moitié moins de CO2 pour chauffage en 20 ans»
Divers et Conclusion

Divers

Mais les autres paramètres ne sont pas encore pris en compte. Reprenons le tableau :


Immeubles collectifs anciens

Les lignes 9, 10 et 11 sont relatives aux nouveaux comportements induits par les modifications de comportements correspondant aux lignes 6, 7 et 8, réduites aux nombreux immeubles collectifs construits avant 1980, équipés de central chauffage central, presque toujours au gaz de réseau dans la zone couverte, et au fioul ou GPL en dehors de cette zone, dont les frais sont répartis selon les millièmes de copropriété.

Les régulations de température et les programmateurs y sont le plus souvent rudimentaires ou inexistants. Les occupants n’ont aucune motivation à rechercher des économies qui seront diluées par la répartition, et la « régulation » par la fenêtre ouverte y est donc courante. Par surcroît, ces immeubles sont souvent mal isolés, faute de majorité pour voter des travaux coûteux d’isolation et de changement de fenêtres. Le desserte des radiateurs étant le plus souvent faite par des colonnes d'eau chaude verticales, il est pratiquement impossible d’installer des compteurs d’énergie, car il en faudrait un par radiateur. Le problème est donc difficile. Dans le passage proposé au biénergie, le chauffage thermique d’origine serait restreint à un chauffage de base assurant environ 15°C, et resterait réparti selon les millièmes, mais il serait complété par un chauffage d’appoint électrique, facile à programmer et à réguler,  et bien géré par à l’utilisateur qui en supporterait le coût facturé directement par l’opérateur électrique. Nous en escomptons un gain de 20% pour les immeubles concernés, soit 10% des lignes 6, 7 et 8.

Chaudières à condensation

La généralisation des chaudières à condensation (ligne 12), pour lesquelles la France est très en retard, notamment sur l’Allemagne ou le UK, pourra apporter une réduction substantielle de la consommation de gaz naturel ou GPL, 15% sur les installations concernées, mais aussi sur les chaudières au fioul, avec un moindre gain évalué à 10%, mais sur la presque totalité des installations, pour un total évalué à  2,8% de la consommation énergétique totale de chauffage.

L’amélioration du parc de bâtiments, reprise du début de ce chapitre, amène un gain de 22% (coefficient 0,78) attribué uniformément en ligne 15, puisqu’indépendant du chauffage traité séparément.

L’accroissement du parc de bâtiments, qui contribue à l’amélioration de la qualité déjà prise en compte précédemment, vient augmenter les volumes à chauffer de 15% (coefficient 1,15) ; qui figure en ligne 16.

Conclusion

Le tableau ci-dessous reprend les conclusions de tableau détaillé :
               
Pour  1 MWh
CO2  Kg
élec.  hors pte
élec. pte
élec. totale
2010
142
212
182
394
2030 après mode de chauffage
96
279
137
416
2030 après utilisat. du chauffage
86
276
116
392
2030 tout inclus
77
246
103
349

En ce qui concerne le chauffage, objet de cette étude :
  • Les émissions de CO2 baissent de 46%
  • La production électrique de pointe (les 1500 heures les plus chargées) baisse de 56% : moins de combustibles fossiles
  • La production électrique hors pointe (7300 heures) augmente de 16% : meilleure utilsation du parc électronucléaire sans augmentation de celui-ci.
  • La production électrique totale diminue de 11%
Tout ceci est obtenu, rappelons le :
  • sans faire appel à des solutions radicales (maison à énergie positive !),
  • sans dépense publique supplémentaire,
  • sans réglementation complexe,
  • sans dispositions liberticides, notamment sur la puissance installées et la température intérieure,
  • sans accroissement, ni diminution, du parc électronucléaire,
  • avec un investissement raisonnable et amortissable par les utilisateurs.
La comparaison avec la démarche écolo-politique du Grenelle de l’Environnement et ses retombées RT 2012 et RT 2020 est sans appel : c’est par des solutions raisonnables que l’on réduira les émissions sans régression, et plus rapidement.

Fin du chapitre

Table des matières du blog

mardi 15 janvier 2013

Raisons d'agir: Emissions de CO2 et Conclusion


Les émissions de CO2

Plan du chapitre : « La transition énergétique : les raison d’agir »
Les émissions de CO2
Conclusion

La hausse du taux de CO2 dans l’atmosphère (de 280 à 380 ppm en volume) depuis deux siècles est une certitude scientifique aisément mesurable dans le monde entier. Contrairement à une opinion courante, ce n’est pas un problème local, urbain par exemple, ni un problème pour les êtres vivants.

La température moyenne est difficile à définir et à mesurer, parce qu’elle n’est ni constante (dans le temps) ni uniforme (sur la surface de la terre). La fonte des glaces, tant terrestres que maritimes, montre à elle seule que la moyenne annuelle des températures  dans ces latitudes, ou à ces altitudes, est passée, en °C, d’une valeur négative à une valeur positive, avec des conséquences écologiques très préoccupantes. La hausse des températures proches de zéro est donc certaine, mais ne suffit pas à démontrer une hausse des températures moyennes, bien cette dernière semble ressortir des mesures de différentes origines depuis une dizaine d’années.

La corrélation entre le CO2 et la température fait l’objet d’âpres débats :
  •  D’un côté, la mouvance écologiste politique la tient pour évidente et s’appuie sur les travaux du GIEC, organisme scientifique créé et rémunéré par l’ONU. Ce GIEC souffre néanmoins d’un défaut congénital : créé pour étudier les changements climatiques d’origine anthropique, a priori tenus pour certains, on imagine mal qu’il remette en cause cette origine  qui est la raison même de son existence. Mais ceci ne signifie pas pour autant qu’elle soit négligeable ! C’est notamment le point de vue le l’Union Européenne.
  • D’un autre côté, des personnalités scientifiques éminentes, au premier rang desquelles Claude Allègre, universitaire incontestable, géologue, mais pas climatologue, considère que les modèles mathématiques utilisés par le GIEC sont complexes, fragiles et reposent sur des hypothèses incertaines, qui, de ce fait, ne démontrent ni l’existence d’une corrélation, ni son absence… C’est aussi le point de vue de nombre de pays, tels que les USA, les BRIC et la plupart des pays émergeants. La conformité à leur intérêt immédiat est évidente, mais ne prouve pas qu’ils soient de mauvaise foi.
Il est vrai que la température de l’atmosphère a connu des variations considérables entre ères chaudes et ères glaciaires, sans que l’homme en ait été la cause. Mais ceci ne démontre pas que les gaz à effet de serre, parmi lesquels le CO2 est prépondérant, ne sont pas la cause du réchauffement actuel…

Face à un débat qui nous dépasse, nous considérerons dans ce blog qu’il existe, à défaut de preuves, un faisceau de présomptions sur la corrélation entre CO2 et réchauffement climatique, suffisamment fort  pour que la réduction des émissions de CO2 soit un objectif majeur, mais qui doit être géré intelligemment et sans aboutir aux régressions que les écologistes politiques intégristes appellent de leur vœux.

Il convient aussi de se rappeler que le CO2 n’est en rien un problème local, mais bien un problème mondial qui ne peut être résolu que par la participation de tous les pays du monde. Nous en sommes très loin, alors que, selon certaines sources, la Chine inaugure une centrale thermique au charbon par semaine ! La contribution de la France, qui est de l’ordre de 1% des émissions mondiales, et qui est nettement inférieure (par habitant) à celle des pays comparables, relève donc plus de l’exemplarité que de l’efficacité. C’est pourquoi il faut préférer des solutions raisonnables, non seulement sans régression, mais encore sans effet majeur sur les coûts, qui pourront être parfois exportables, et souvent généralisées ailleurs.

Conclusion

Nous montrerons dans le message suivant qu’il est possible, d’ici 2030, de réduire de près de 50% nos émissions de CO2 dues au chauffage des bâtiments résidentiels et tertiaires, et ce :

  • sans augmentation ni du parc nucléaire, ni de l’énergie électrique consommée en chauffage, 
  • sans régression du confort, 
  • sans augmentation de la dépense publique
  • sans solution extrême (maisons sans chauffage), 
  • et en intégrant une hausse de 15% du parc de bâtiments à chauffer. 

Ceci peut être obtenu par une évolution progressive et raisonnable des modes de chauffage, des appareils de chauffage, de l’isolation des bâtiments et de la tarification de l’énergie. Cette évolution fait appel aux techniques numériques (régulation, tarification) et thermodynamiques (pompes à chaleur) en plus des évolutions déjà couramment utilisées, mais loin d’être généralisées (isolation, chaudières à condensation).