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mercredi 18 mars 2015

6 - Sécurité Routière : Corrélation et causalité

Les dispositifs (sur véhicules), agencements (des infrastructures) ou réglementations (des comportements) qui contribuent à la sécurité routière sont très nombreux et se sont additionnés depuis 40 ans. Ils ont globalement réussi, puisque le taux d’accidents a été divisé par 10, sans que l’on puisse imputer précisément cette amélioration globale à chacune de ses très nombreuses causes, d’autant qu’il s’écoule inévitablement beaucoup de temps entre :
  • L’apparition d’un dispositif  (Ex : ceinture de sécurité, airbag), sa généralisation sur les véhicules neufs, son utilisation effective par les usagers, et la sortie du parc des véhicules non équipés.
  • Le lancement des améliorations d’infrastructures (Ex : autoroutes, ronds-points), leur généralisation apportant des résultats, et leur impossible achèvement.
  • L’adoption d’une réglementation (Ex : 50 Km/h en ville), son acceptation par les usagers, son passage dans la culture qui nécessite souvent des mesures coercitives (radars dont l’installation a demandé plusieurs années), le cumul de leurs effets (pertes de points) et la réduction du nombre de réfractaires.


Dans ces conditions, prétendre « lire » sur la courbe des décès l’effet du dispositif, de l’agencement, ou de la réglementation analysée, relève en réalité de la divination : chacun peut y trouver ce qu’il a envie d’y trouver, et ne s’en prive pas, alors que le paramètre majeur du trafic n’est même pas pris en compte !

Le taux d’accidents est en effet une fonction extrêmement complexe de très nombreux paramètres appartenant aux 3 familles citées ci-dessus. S’il était possible, comme en physique expérimentale, de faire varier chaque paramètre séparément, et d’observer son influence sur le taux d’accidents, on pourrait élaborer une stratégie de sécurité aux moindres coûts et contraintes. Il n’en n’est rien : depuis 40 ans, tous les paramètres ont été modifiés en même temps, et l’on ignore quel a été l’effet précis de chacun d’entre eux, ce qui est très frustrant.

De très nombreuses études statistiques tentent de pallier à cette lacune en établissant des corrélations entre les accidents et la présence ou l’absence de tel ou tel dispositif (ceinture de sécurité bouclée par exemple), agencement (rond-point remplaçant un carrefour), ou comportement, et présentent ces corrélations comme des causalités, alors qu’il existe souvent des biais considérables et plus ou moins bien connus. Ainsi, un dispositif de sécurité optionnel (Ex : avertisseur de changement de voie) pourrait se voir validé par la réduction des sinistres sur les véhicules équipés, en oubliant le biais, peut-être primordial, que cette option a été adoptée par des utilisateurs plus préoccupés de sécurité, et donc plus prudents.

Les analyses de ce type ne sont pas nécessairement fausses, mais leurs conclusions sont à prendre avec une très grande prudence, particulièrement quand leur auteur n’est pas neutre pour toutes sortes de raisons : intérêt économique, politique, militantisme de tous bords…. 


Le Groupe n’a pas eu le temps de débattre de  ce dernier point

7 - Sécurité routière: du contrôle du conducteur à l'automatisation

Conduite manuelle : Actuellement, toutes les fonctions du véhicule sont sous la commande directe du conducteur dont la responsabilité est totale. Toutefois, selon les modèles, il peut disposer d’informations élaborées l’informant de la proximité d’obstacles à l’avant et à l’arrière, des sorties involontaires de voie, de la présence d’un véhicule dans l’angle mort du rétroviseur, de la nécessité de freiner pour éviter une collision. Les commandes comportent déjà des fonctions élaborées, telles que « vitesse constante » ou « vitesse limitée à XX Km/h », ou encore le freinage qui bénéficie couramment de l’assistance (moindre effort), de l’ABS (antiblocage), de l’AFU (assistance au freinage d’urgence), et de la signalisation (allumage automatique des feux clignotants de détresse).

La délégation de la conduite à des automatismes aura probablement lieu en 5 phases successives, qui pourraient être de l’ordre de 5 années chacune :
  1. Conduite assistée : (En cours d’apparition) Le conducteur restant totalement vigilant et seul responsable, il peut, principalement sur voie autoroutière,  déléguer la fonction « vitesse » à un régulateur intelligent qui adapte la vitesse non nulle du véhicule en fonction de la consigne introduite, de la distance du véhicule précédent et de la signalisation routière résultant soit d’une cartographie résidente ou non, soit d’une reconnaissance de la signalisation routière. Il peut aussi bénéficier d’une assistance au suivi de voie, qui assure dans le cas général le positionnement du véhicule au milieu de sa voie. Le véhicule peut également effectuer seul  une manœuvre de prise de stationnement en créneau, en épi ou en bataille sous la surveillance du conducteur.
  2. Automatisation partielle : (A partir de 2020) ("Feet off")Le conducteur demeurant totalement vigilant et seul responsable, il peut déléguer la totalité de la fonction « vitesse », arrêt inclus, dans les encombrements et ce, jusqu’à une vitesse maximum prédéterminée. Le véhicule suit sa file seul, et assiste le conducteur pour les manœuvres de dépassement ou d’insertion dans le trafic. Le véhicule peut également effectuer seul  une manœuvre de prise de stationnement en créneau, en épi ou en bataille en l’absence du conducteur.Les phases suivantes nécessitent des modifications législatives et réglementaires.
  3. Conduite automatisés conditionnelle : ("Hands off") Dans de nombreuses circonstances, le conducteur toujours présent, assure une surveillance qui n’est plus permanente, mais qui se limite à des situations particulières au cours desquelles il peut être amené à reprendre la commande du véhicule. La conduite sur voie autoroutière est entièrement automatisée, y compris les dépassements avec changements de voie.
  4. Conduite automatisée : ("Mind off")Dans la quasi-totalité des circonstances, le conducteur n’assure ni surveillance, ni opération de conduite et peut s’adonner à toutes sortes d’autres activités. Son action peut toutefois être requise par le système face à un événement ou une défaillance imprévue. A défaut de reprise en main par le conducteur, le système place le véhicule dans les meilleures conditions de sécurité possibles.
  5. Sans conducteur : ("Driver off") Le système fonctionne en toutes circonstances et peut se passer de conducteur. En cas d’événement ou une défaillance imprévue, le système place le véhicule dans les meilleures conditions de sécurité possibles.

Résumé en tableau :
Phase
5 ans / phase ?
0    
 Actuel
1
Apparaît
2
Préséries
3
Développemt.
4
Prototypes
5
Concept cars
Rôle du conducteur
Total
Supervision permanente
Supervision temporaire
Aucun sauf exceptions
Absent
Circonstances
Toutes
Spécifiques
Toutes
Fonctions automatisées
Aucune
Vitesse
Vitesse et direction
Toutes sous surveillance
Toutes sans surveillance
Toutes ss. exception
Automatisati.
Nulle
Assistance
Partielle
Conditionnelle
Elevée
Totale
Exemples
Assist.  parking
Avertis. sortie voie
Détect. angle mort
Avertis. collision AV
Régulateur. vitesse
Suivi de voie
Régulateur adaptatif
Freinage d’urgence
Suivi de files
Automat. en embouteil.




Tableau issu de données établies par Valeo