mercredi 18 mars 2015

3 - Sécurité Routière : Répartition du risque et des victimes


3.1.   Analyse du risque d’implication

Le tableau ci-dessous, issu de données URF, totalise, pour chaque accident corporel, le nombre de véhicules de chaque catégorie « présents », c’est-à-dire impliqués, mais pas nécessairement responsables, ni ayant transporté des victimes.


La présence moyenne est de 1,69 véhicule par accident, inférieure à 2 car un accident corporel peut fort bien survenir avec un seul véhicule : obstacle fixe ou chute en deux-roues.

La répartition des véhicules présents par catégorie est difficile à interpréter, car les véhicules les plus nombreux dans le trafic (voitures), sont évidemment plus souvent présents. Il y a donc lieu de comparer ce taux de présence dans les accidents au taux de présence dans le trafic qui figure dans les colonnes en vert. Le résultat de la comparaison figure dans la colonne de droite :
Les voitures (0,85) sont légèrement sous-représentées
Les VUL (0,30) sont étonnement sous-représentés, sans pouvoir dire s’il y a un biais : ces VUL sont souvent urbains, conduits par des professionnels…
Les VI (0,61) sont sous-représentés et les cars et bus (1,58) surreprésentés. Il y a peut-être un biais lié aux nombreux passagers des cars qui augmentent leur risque de présence.
Les deux-roues sont énormément surreprésentés. Il va de soi que dans leur cas, ils sont le plus souvent à la fois « présent » et « victime » (sans préjuger de leur responsabilité).

L’URF précise ce dernier point en indiquant par ailleurs que : « La part des motos, dans les véhicules présents, est passée […] à près de 13,5% en 2013 pour une présence dans la circulation générale qui est inférieure à 3% des kilomètres parcourus ». C’est la seule conclusion flagrante du tableau ci-dessus.


3.2.   Analyse des victimes


La partie gauche « Analyse des victimes » (Chiffres de la Prévention Routière) donne le nombre de tués et blessés dans chaque catégorie de véhicule utilisé. Sans préjuger des responsabilités, il en ressort que :
  • la catégorie « 2 roues motorisés » aboutit à 790 décès et 20 719 blessés, soit respectivement environ la moitié des tués et les 2/3 des blessés des voitures, malgré une circulation très inférieure.
  • La catégorie « énergie humaine », aboutit à 551 décès et 14 787 blessés, soit un bilan social de l’ordre des 2/3 du précédent, mais réparti sur une population beaucoup plus vaste et non sur une circulation de véhicules, ce qui rend toute comparaison impossible.
  • Le taux de gravité (% de tués parmi les accidents corporels) n’apporte guère d’information utilisable.

La partie droite (Chiffres URF) tente de rapporter ces victimes à la circulation de leur catégorie de véhicule, à ceci près que les victimes « énergie humaine » ne sont pas des véhicules dont la circulation puisse être évaluée, et qui provoquent des victimes directes. On ne peut donc établir que des taux ligne à ligne, sous-évalués car ils ne prennent pas en compte les victimes « énergie humaine », et un taux global correct, mais dépourvu d’enseignements exploitables.



Globalement, la dangerosité élevée des deux-roues motorisés, est confirmée par l’analyse des présences comme par celle des victimes.

3.3.  Analyses piétons et cyclistes « énergie humaine »

Dans les tableaux ci-dessous (Prévention routière), les accidents sont rapportés à la population par tranche d’âge, et non à la pratique par tranche d’âge qui est inconnue. Ils sont néanmoins très instructifs :

 

Ils aboutissent à un résultat surprenant : contre l’idée communément admise, les victimes de ces deux catégories sont d’abord les personnes âgées, et non les jeunes.

Pour les cyclistes, la surmortalité des personnes âgées est d’autant moins discutable que la proportion de cyclistes dans la population de plus de 75 ans  est certainement plus basse, ce qui aggrave le résultat.

Un élément d’explication est fourni par le tableau « piétons » qui comporte aussi la répartition des blessés par tranche d’âge : le taux de décès croît avec l’âge plus vite que le taux de d’accidents. En d’autres termes, le taux de gravité (colonne de droite) augmente avec l’âge.

La nature des accidents n’étant sans doute pas différente, ceci traduit probablement dans les deux catégories les problèmes propres aux personnes âgées : réflexes plus lents, moindre acuité visuelle et auditive, moindre force, ostéoporose…


Le Groupe, constitué de seniors très actifs, considère néanmoins que la surreprésentation des personnes âgées résulte bien des problèmes inhérents à celles-ci, et non de causes extérieures.