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mercredi 16 janvier 2013

RT 2012 et RT 2020 - Pénurie de foncier

Table des matières
Energie
Bâtiment
Véhicules


Les RT 2012 et 2020 vont aggraver la pénurie de foncier

Chacun s’inquiète, avec juste raison, de l’envolée des prix de l’immobilier, particulièrement du neuf, qui dissuade de plus en plus de primo-accédants. Les raisons sont multiples :
  • Les normes « handicapés » généralisées comme si chacun était paraplégique en fauteuil, mais néanmoins autonome par ailleurs, conduisent à des surfaces inutiles et à des ascenseurs coûteux même avec peu d’étages.
  • Les normes techniques de confort ou de sécurité impératives diverses, y contribuent aussi largement.
  • Mais la cause principale est la pénurie de foncier qui fait s’envoler les prix des terrains constructibles. La France a pourtant une densité de population particulièrement faible qui devrait permettre, en dehors des très grandes agglomérations, de trouver des terrains à bon compte. Il n’en n’est rien car le pouvoir politique local, poussé par son électorat qui craint de voir son lieu d’habitation se densifier, multiplie les PLU (Plan Local d’Urbanisme) et restreint les COS (Coefficient d’Occupation du Sol) qui raréfient l’offre et font donc monter les prix. Selon un processus classique, les « insiders », plutôt âgés ayant acheté autrefois, restreignent égoïstement l’accès des « outsiders » à la propriété. 
La solution de ce problème hautement politique ne fait pas partie de l’objet du présent blog dédié à l’énergie, mais la RT 2012 et surtout la RT 2020 pourraient l’aggraver, pour les raisons ci-dessous.
 Les normes RT 2012 et surtout RT 2020 se fondent largement sur l’apport calorifique du soleil par de grandes baies ouvertes au sud. Vraiment ? 
  • En début d’hiver, à Dunkerque (51° de latitude N), le soleil à midi ne  dépasse jamais l’horizon de plus de (90° - 51° - 23°) = 16°. (23° est l’angle de l’écliptique). Il faut donc, non seulement que l’habitation soit exposée au sud, mais encore qu’il n’y ait pas de vis-à-vis d’une hauteur apparente supérieure à 5 ou 10°, faute de quoi l’apport solaire serait réduit à peu de chose ou à zéro. Dans le sud de la France, on gagne 10°, avec un soleil du solstice d’hiver plafonnant à 26° au dessus de l’horizon, ce qui réduit le problème, mais ne le supprime pas. 
  • Une règle aussi contraignante aboutira à rendre impossible la construction d’habitations RT 2020 sur  environ les trois quarts des terrains disponibles en zone urbaine ou périurbaine. La conséquence sera une explosion du prix des terrains correctement exposés et dépourvus de vis-à-vis actuel ou futur, qui viendra s’ajouter au coût beaucoup plus élevé résultant des futures normes d’isolation et d’étanchéité. Les acquéreurs seront rejetés vers de lointaines banlieues ou campagnes à faible densité où il sera possible de trouver cette exposition au sud sans vis-à vis, conduisant à un habitat dispersé, générateur de trajets en automobile selon le processus classique aux USA, aux antipodes du résultat recherché !
Suite du message

RT 2012 et RT 2020 - Moins agréables à vivre

Table des matières
Energie
Bâtiment
Véhicules


Les habitations RT2012 et RT 2020 seront moins agréables à vivre

Les contraintes d’isolation thermique vont conduire à une modification profonde de l’habitat :
  • Les fenêtres autres qu’au sud seront très réduites, et les pièces correspondantes seront donc très sombres
  • Dans les immeubles collectifs, la chasse aux ponts thermiques va interdire les grands balcons dont la grande dalle en porte-à-faux est en continuité de celle de la pièce adjacente, et raréfier les petits balcons dont la dalle, supportée par deux poutres horizontales aux extrémités, devra être réduite.
  • L’obtention des performances énergétiques indispensables interdira toute ouverture des fenêtres en hiver ou demi-saison : il faudra se contenter de la VMC à double flux, ou avoir froid.
  • Par temps couvert, des occupants de retour après un mois d’absence par grand froid, risquent de devoir rester emmitouflés pendant plusieurs jours.
  • L’isolation extérieure, beaucoup plus performante, marquera la fin des belles façades en pierre de taille, notamment en Ile-de-France, ou en granite en Bretagne.
  • L’implantation d’un pavillon sur un terrain à bâtir sera dictée par des considérations solaires,  thermiques et normatives pas forcément compatibles avec l’esthétique et l’agrément.
  • Elles seront le plus souvent situées dans des banlieues lointaines où de vastes zones pavillonnaires, conformes aux normes sinon écologiques, se développeront loin des centres des villes.
  • Dans les régions vallonnées ou montagneuses, en rupture avec une tradition multimillénaire, l’habitat devra quitter les vallées pour remonter sur le versant exposé au sud, à une altitude dépendant du versant opposé. Ce sera mauvais pour le temps et l’énergie pour y accéder, mais ce sera bon pour la vitamine D !
Suite du message

mardi 15 janvier 2013

RT2012 et TR 2020, ou l'intégrisme écologique: CEP

Table des matières
Energie
Bâtiment
Véhicules

Plan du chapitre :
 « RT 2012 et RT 2020, ou l’intégrisme écologique : Résumé »
CEP : Consommation d’énergie primaire
Calcul conventionnel
Exigence de moyens

Cep : Consommation d’énergie primaire

K – Dans le cas général, le CepMax est défini comme suit :
CepMax = 50,0 MCtype (McGéographique + McAltitude + MCSurface + MCGES )
Et, par dérogation provisoire, pour les immeubles collectifs :
CepMax = 57,5 MCtype (McGéographique + McAltitude + MCSurface + MCGES )

dont les termes McXxxx sont définis ci-dessous en L à P :

L - Mctype : modulation selon utilisation ( 1,0 à 1,2) et catégorie CE1/CE2

M – McGéographique : même définition que MbGéographique

N - McAltitude : même définition que MbAltitude

O - MCSurface
Modulation de surface réduisant la spécification pour les petites surfaces :
Maisons individuelles :
Surface
Individuelle :  MCSurface MCType
< 120 m²
0,60 – S / 200
120 à 140 m²
0
140 à 200 m²
0,4067 – S / 300
>200 m²
-0,2

Immeubles collectifs :
Surface
Individuelle :  MCSurface MCType
< 40 m²
1,24 – S / 40
40 à 80 m²
0,48 –  S / 166,7
80 à 100 m²
0
100 à 150 m²
0,4 – S / 250
> 150 m²
-0,2

Ces deux tables sont résumées-ci-dessous, avec MCType = 1 et NL = 1
                                          Graphe établi par l’auteur de www.8-e.fr

P - MCGES
Modulation selon le taux de Gaz à Effet de Serre (en g de CO2 / kWh) de l’énergie utilisée : la dépense énergétique maximum croît si le taux de CO2 décroît selon le tableau ci-dessous :

Taux de GES en g/kWh
MCGES
<50
0,3
50 à 100
0,2
100 à 150
0,1
> 150
0

Calcul conventionnel de Cep

Il est basé sur 2 types de données :
- opposables : descriptif du bâtiment et de ses équipements
- non opposables : climat et usage, définis conventionnellement

Exigences de moyens
Générales
Traitement des ponts thermiques
Comptage d’énergie
Régulation d’éclairage artificiel des parties communes

Habitation
Vitrages minimum 1/6 de la surface habitable
recours aux énergies renouvelables en maison individuelles
Vérification de Cep < CepMax + 12 kWhep/m²/an avant déduction de la production électrique à demeure
Test d’étanchéité à l’air

Recours aux énergies renouvelables ou alternatives
Au choix :
Panneaux solaires pour l’eau chaude sanitaire
Raccordement à un réseau de chaleur alimenté à 50% par une énergie renouvelable ou de récupération
Contribution des énergies renouvelables au Cep > 5 kWhep/m²/an
Chauffage de l’eau chaude sanitaire par pompe à chaleur de rendement > 2
Production de chauffage ou d’eau chaude sanitaire par un centrale à microgénération assurant rendement thermique > 90% sur PCI (Pouvoir calorifique intérieur) et rendement électrique >10%  sur PCI

RT 2012 et RT 2020, ou l'intégrisme écologique: Résumé


Le présent message est le résumé d’un diaporama du ministère de l’Environnement, et  d’une présentation effectuée par Serge FABBRO et Cédric BESAIRIE, de ce Ministère.

Voir les commentaires de ces normes RT  2012 et RT 2020

Plan du chapitre : 
« RT 2012 et RT 2020, ou l’intégrisme écologique : Résumé »
Résumé
Bbio

Résumé

Le « Grenelle de l’environnement » d’août 2009 a aboutit à une réglementation dite RT 2012 qui impose pour tous les nouveaux bâtiments d’habitation un besoin énergétique limité, dans le cas général, à 50 kWh /m² /an, et dès 2020 un besoin énergétique inférieur à sa propre production, dit « énergie positive » selon la RT 2020.

Elle définit de  nombreux paramètres :

A - L’équivalence de l’énergie primaire (thermique) et de l’énergie finale (électricité) par la relation :
1 kWhEF = 2,58 kWhEP. Voir notre message à ce sujet.

B - La SHONRT en m², (différente de la SHON), qui est la surface de plancher habitable, et donc chauffée, sous 1,80 m minimum.

C - Cette SHONRT est affectée d’un coefficient qui l’augmente suivant selon l’utilisation des surfaces :
Utilisation
Coefficient
Bureaux
1,1
Enseignement primaire
1,2
Enseignement secondaire
1,2
Accueil petite enfance
1,2
Ceci  revient à relever d’autant le plafond de consommation énergétique

D - La catégorie qui est :
CE1 dans le cas général
CE2 si le bâtiment est climatisé, ce qui est limité aux cas suivants :
Bureaux dans immeubles de grande hauteur à baies fixes
Bureaux dans une zone bruyante
Locaux d’enseignement en zone méditerranéenne et bruyante
Locaux d’habitation en zone méditerranéenne et bruyante

Bbio

E - Le Bbio ou besoin bioclimatique conventionnel relatif au chauffage (ou climatisation si CE2) et à l’éclairage artificiel, exprimée en points dont la dimension (au sens de la physique) n’est pas précisée :
Bbio = 2 (Bchauffage + Brefroidissement) +  Béclairage

Le Bbio caractérise le bâti, notamment isolation et étanchéité, à l’exclusion du mode de chauffage. La méthode de calcul Th-BCE 2012 prend en compte l’isolation des murs et ouvrants, l’inertie, l’apport solaire, les scénarios d’occupation, apports par dispositifs passifs, étanchéité à l’air, déperdition par ventilation, éclairage naturel.

F - Le Bbio doit rester inférieur au BbioMax défini ci-dessous selon des modulations Mbx définies plus bas en G à J :
BbioMax = BbioMaxMoyen ( MbGéographique + MbAltitude ) + MbSurface

G – le BbioMaxMoyen dépend de la catégorie selon le tableau :
Catégorie
BbioMaxMoyen
CE1
60
CE2
80

H – La modulation géographique est définie comme suit :
Code
MbGéographique
Région
H1a
1,2
IdF et N
H1b
1,4
NE
H1c
1,2
Centre et Rh-Alp
H2a
1,1
Bretagne
H2b
1,0
Centre W
H2c
0,9
Aquitaine
H2d
0,8
SE non maritime
H3
0,7
Méditerranée

I – La modulation d’altitude, additive avec la précédente est définie comme suit :
Altitude
MbAltitude
< 400 m
0,0
400 à 800 m
0,2
> 800 m
0,4

Pour des habitations à moins de 400 m d’altitude et avant correction de surface, et avec une altitude inférieure à 400 m, le
BbioMax = BbioMaxMoyen ( MbGéographique + MbAltitude )
correspond donc à a carte du CE1 ci-dessous :

                                                                      Carte issue du Ministère de l’Environnement

Pour des bureaux à moins de 400 m d’altitude le BbioMax correspond à la carte CE1 (non climatisé) / CE2 (climatisé) ci-dessous :

                                                 Carte issue du Ministère de l’Environnement

J – Pour des maisons individuelles, la correction de surface MbSurface définie comme suit :

Surface ( S = SHONRT / NL )
MbSurface
< 120 m²
30 – S/4
120 à 140 m²
0
140 à 200 m²
23,33 – S/6
>200 m²
-10
 La courbe correspondante est en bleu dans le graphe ci-dessous :

















Graphe établi par l’auteur de www.8-e.fr